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Géographie des cimetières en Amérique latine : marquages, pratiques culturelles indigènes et inégalités sociales.

Étude comparative entre le Venezuela, le Mexique et le Chili


Thèse de Camille VARNIER (ESO Caen) à Webconférence (pour obtenir le lien de connexion veuillez vous adresser à laura.pauchard@unicaen.fr) Lundi 30 novembre 2020 à 14h
Direction :
  • Jean-Marc Fournier, Université de Caen Basse-Normandie


Composition du jury :
  • Louis Dupont, Professeur de géographe (émérite), Université de Paris 4 Sorbonne (Rapporteur),
  • Virginie Baby-Collin, Professeure de géographie, Université Aix Marseille 3 Paul Cezanne (Rapporteure),
  • Pascale Philifert, Professeure de géographie-urbanisme, Université Paris Ouest - Nanterre La défense (membre du jury),
  • José-Enrique Finol, Professeur de sémio-anthropologie (émérite), Université du Zulia, Maracaibo - Venezuela (membre du jury),
  • Alejandra Lazo, Professeur de géographie-anthropologie, Université de los Lagos, Osorno - Chili (membre du jury)


Résumé :Curieusement, la géographie des cimetières a fait l’objet de peu de travaux de recherche. Les thèses, articles et ouvrages sur ce sujet sont très rares en France comme à l’étranger. Or, ces espaces, riches de marquages sociaux et culturels, représentent des empreintes matérielles de la mémoire individuelle et collective qui existent dans tous les pays. En Amérique latine, l’étude des cimetières reflète en grande partie le monde des vivants: les rapports à la mort et au temps, les inégalités sociales très importantes, la grande diversité des rites et des croyances religieuses. Loin de se limiter à l’appréhension des cimetières comme miroir des sociétés, cette thèse vise plus précisément à mettre en lumière des mécanismes et processus inhérents aux sociétés étudiées : jeux de pouvoir, logiques de domination, ségrégation, exclusion, etc. Pour cela, l’accent est mis sur les groupes indigènes qui restent aujourd’hui largement marginalisés et exclus. Par le biais des mobilités, on étudie les changements entre les rapports à la mort dans des espaces ruraux et dans les villes. En effet, en plus des identités culturelles, les modes d’appropriation de l’espace du cimetière varient en fonction des espaces géographiques dans lesquels les individus et les groupes sociaux s’inscrivent. La méthode comparative retenue pour les trois espaces-laboratoires cherche à saisir les différences et ressemblances, en ce qui concerne la place occupée par les groupes indigènes, au sein de la société, entre un pays dit socialiste (le Venezuela), un pays dit libéral (le Chili) et un pays où le rapport à la mort est spécifique (le Mexique). La perspective de géographie sociale et culturelle consiste à montrer comment les inégalités sociales se produisent et se reproduisent à travers et au-delà de la mort: la mise en évidence de ce que l’on pourrait appeler des inégalités sociales marquées dans l’espace pour l’éternité. 

 

Curiosamente, la geografía de los cementerios ha sido objeto de pocos trabajos de investigación.Las tesis, artículos y libros sobre este tema son muy raros tanto en Francia como en el extranjero.Ahora bien, estos espacios, ricos en marcados socialesy culturales, representan huellas materiales de la memoria individual y colectiva que existen en todos los países.En América Latina, el estudio de los cementerios refleja en gran parte el mundo de los vivos : las relaciones con la muerte y con el tiempo,las desigualdades sociales muy importantes, la gran diversidad de los ritos y de las creencias religiosas.Lejos de limitarse a la aprehensión de los cementerios como espejo de las sociedades, esta tesis pretende más precisamente poner de relieve los mecanismos y procesos inherentes a las sociedades estudiadas: juegos de poder, lógicas de dominación, segregación, exclusión, etc.Para ello, se hace hincapié en los grupos indígenas que hoy en día siguen estando ampliamente marginados y excluidos.A través dela movilidad, se estudian los cambios entre las relaciones con la muerte en los espacios rurales y en las ciudades.En efecto, además de las identidades culturales, los modos de apropiación del espacio del cementerio varían en función de los espacios geográficos en los que se inscriben los individuos y los grupos sociales.El método comparativo elegido para los tres espacios-laboratorio pretende captar las diferencias y semejanzas, en lo que se refiere al lugar ocupado por los grupos indígenas, en el seno de la sociedad, entre un país llamado socialista (Venezuela), un país llamado liberal (Chile) y un país donde la relación con la muerte es específica (México).La perspectiva de geografía social y cultural consiste en mostrar cómo las desigualdades sociales se producen y se reproducen a través y más allá de la muerte: la puesta en evidencia de lo que podríamos llamar desigualdades sociales marcadas en el espacio para la eternidad.

 

Strangely enough, the geography of cemeteries has not been the focus of manystudies. PhDs, articles and books related to this topic are scarce, whether in France or abroad. These spaces, however, are packed with social and cultural remnants which embody material prints of collective and personal memory; they are to be found in each and every country. In Latin America, the study of cemeteries is primarily a reflection of the world of the living : perception of death and time, striking social inequalities, and the wide range of rites and religious beliefs. Far from limiting itself to the use of cemeteries as mirrors of societies, this dissertation aims at shedding light on process and mechanisms inherent to the societies under scrutiny: games of power, logic of domination, segregation, exclusion, etc. To do so, the focus was put on groups of natives which still remain widely excluded and marginalized to this day. Through mobility, we study the changes in the relation to death in rural and urban spaces. Indeed, beyond cultural identities, the ways in which cemeteries are being appropriated vary depending on the geographical spaces where individuals and social groups identify with. The comparative method that was selected for these three test spaces aims at perceiving differences and similarities, as far as the situations of the native groups within society are concerned, between a so-called socialist country (Venezuela), a so-called liberal country (Chili) and a country which has a specific approach to death (Mexico). The perspectives offered by cultural and social geography aims at showing how social inequalities occur and are repeated through and beyond death itself: it underlines what we could describe as social inequalities embedded in space for all eternity.

 


Soutenance de thèse de Camille Varnier

Géographie des cimetières en Amérique latine : marquages, pratiques culturelles indigènes et inégalités sociales.


Webconférence , du Lundi 30 novembre à 14h

Cette thèse est intitulée  "Géographie des cimetières en Amérique latine : marquages, pratiques culturelles indigènes et inégalités sociales. Étude comparative entre le Venezuela, le Mexique et le Chili"

Sous la direction de Jean-Marc Fournier (laboratoire Eso Caen)

Afin d'assister à cette soutenance et obtenir les liens de connexion, veuillez contacter laura.pauchard@unicaen.fr  (laura.pauchard @ unicaen.fr,)vous êtes invités à cliquer sur le lien à partir de 13h 30

 

Membres du jury : 

-Louis Dupont, Professeur de géographe (émérite), Université de Paris 4 Sorbonne (Rapporteur).

- Virginie Baby-Collin, Professeure de géographie, Université Aix Marseille 3 Paul Cezanne (Rapporteure).

- Pascale Philifert, Professeure de géographie-urbanisme, Université Paris Ouest - Nanterre La défense (membre du jury).

- José-Enrique Finol, Professeur de sémio-anthropologie (émérite), Université du Zulia, Maracaibo - Venezuela (membre du jury). - Alejandra Lazo, Professeur de géographie-anthropologie, Université de los Lagos, Osorno - Chili (membre du jury).

Résumés :Curieusement, la géographie des cimetières a fait l’objet de peu de travaux de recherche. Les thèses, articles et ouvrages sur ce sujet sont très rares en France comme à l’étranger. Or, ces espaces, riches de marquages sociaux et culturels, représentent des empreintes matérielles de la mémoire individuelle et collective qui existent dans tous les pays. En Amérique latine, l’étude des cimetières reflète en grande partie le monde des vivants: les rapports à la mort et au temps, les inégalités sociales très importantes, la grande diversité des rites et des croyances religieuses. Loin de se limiter à l’appréhension des cimetières comme miroir des sociétés, cette thèse vise plus précisément à mettre en lumière des mécanismes et processus inhérents aux sociétés étudiées : jeux de pouvoir, logiques de domination, ségrégation, exclusion, etc. Pour cela, l’accent est mis sur les groupes indigènes qui restent aujourd’hui largement marginalisés et exclus. Par le biais des mobilités, on étudie les changements entre les rapports à la mort dans des espaces ruraux et dans les villes. En effet, en plus des identités culturelles, les modes d’appropriation de l’espace du cimetière varient en fonction des espaces géographiques dans lesquels les individus et les groupes sociaux s’inscrivent. La méthode comparative retenue pour les trois espaces-laboratoires cherche à saisir les différences et ressemblances, en ce qui concerne la place occupée par les groupes indigènes, au sein de la société, entre un pays dit socialiste (le Venezuela), un pays dit libéral (le Chili) et un pays où le rapport à la mort est spécifique (le Mexique). La perspective de géographie sociale et culturelle consiste à montrer comment les inégalités sociales se produisent et se reproduisent à travers et au-delà de la mort: la mise en évidence de ce que l’on pourrait appeler des inégalités sociales marquées dans l’espace pour l’éternité. 

 

Curiosamente, la geografía de los cementerios ha sido objeto de pocos trabajos de investigación.Las tesis, artículos y libros sobre este tema son muy raros tanto en Francia como en el extranjero.Ahora bien, estos espacios, ricos en marcados socialesy culturales, representan huellas materiales de la memoria individual y colectiva que existen en todos los países.En América Latina, el estudio de los cementerios refleja en gran parte el mundo de los vivos : las relaciones con la muerte y con el tiempo,las desigualdades sociales muy importantes, la gran diversidad de los ritos y de las creencias religiosas.Lejos de limitarse a la aprehensión de los cementerios como espejo de las sociedades, esta tesis pretende más precisamente poner de relieve los mecanismos y procesos inherentes a las sociedades estudiadas: juegos de poder, lógicas de dominación, segregación, exclusión, etc.Para ello, se hace hincapié en los grupos indígenas que hoy en día siguen estando ampliamente marginados y excluidos.A través dela movilidad, se estudian los cambios entre las relaciones con la muerte en los espacios rurales y en las ciudades.En efecto, además de las identidades culturales, los modos de apropiación del espacio del cementerio varían en función de los espacios geográficos en los que se inscriben los individuos y los grupos sociales.El método comparativo elegido para los tres espacios-laboratorio pretende captar las diferencias y semejanzas, en lo que se refiere al lugar ocupado por los grupos indígenas, en el seno de la sociedad, entre un país llamado socialista (Venezuela), un país llamado liberal (Chile) y un país donde la relación con la muerte es específica (México).La perspectiva de geografía social y cultural consiste en mostrar cómo las desigualdades sociales se producen y se reproducen a través y más allá de la muerte: la puesta en evidencia de lo que podríamos llamar desigualdades sociales marcadas en el espacio para la eternidad. 

 

Strangely enough, the geography of cemeteries has not been the focus of manystudies. PhDs, articles and books related to this topic are scarce, whether in France or abroad. These spaces, however, are packed with social and cultural remnants which embody material prints of collective and personal memory; they are to be found in each and every country. In Latin America, the study of cemeteries is primarily a reflection of the world of the living : perception of death and time, striking social inequalities, and the wide range of rites and religious beliefs. Far from limiting itself to the use of cemeteries as mirrors of societies, this dissertation aims at shedding light on process and mechanisms inherent to the societies under scrutiny: games of power, logic of domination, segregation, exclusion, etc. To do so, the focus was put on groups of natives which still remain widely excluded and marginalized to this day. Through mobility, we study the changes in the relation to death in rural and urban spaces. Indeed, beyond cultural identities, the ways in which cemeteries are being appropriated vary depending on the geographical spaces where individuals and social groups identify with. The comparative method that was selected for these three test spaces aims at perceiving differences and similarities, as far as the situations of the native groups within society are concerned, between a so-called socialist country (Venezuela), a so-called liberal country (Chili) and a country which has a specific approach to death (Mexico). The perspectives offered by cultural and social geography aims at showing how social inequalities occur and are repeated through and beyond death itself: it underlines what we could describe as social inequalities embedded in space for all eternity.