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Pratiques, représentations et appropriations de l’espace chez les jeunes collégiens périurbains


Thèse de Frédéric MONTAUD (ESO Caen) qui sera soutenue le ()
Direction :

Composition du jury :


    De nombreux travaux explorent principalement de nos jours les enfants  et les jeunes dans les espaces urbains. Ainsi, nous avons constaté que les travaux sur les jeunes collégiens dans les espaces périurbains étaient rares, a fortiori  lorsqu’il s’agit de contextes se situant hors de l’Ile-de-France. Or, les jeunes constituent une entrée éclairante sur les changements en cours dans ces espaces de «  l’entre-deux ». Selon nous, la manière dont les jeunes vivent en contexte périurbain participe du processus de maturation de ces espaces car ils mettent en lumière le développement de politiques publiques, de services et favorisent le développement de nouvelles formes de sociabilité. C’est dans ce cadre que se construit l’identité des jeunes collégiens.

    Nous postulons l’idée selon laquelle les jeunes collégiens, dans leur grande majorité, ne subissent pas leur espace de vie et parviennent à tirer parti des ressources et des potentialités à disposition pour construire leur autonomisation et individualisation. Pour cela, nous avons développé les questionnements suivants : d’où viennent et qui sont les jeunes collégiens vivant dans nos terrains de recherche ? Quelles sont les pratiques et représentations des jeunes collégiens ? Comment construisent-ils leurs rapports à l’espace ? Comment font-ils avec, malgré, contre, à côté de l’espace ? En outre, il convient de questionner le rôle des adultes. Comment gèrent-ils la question de la jeunesse ? Comment les élus abordent-ils cette question ? Enfin, nous nous interrogerons sur les trajectoires futures des jeunes collégiens.  Que désirent-ils ? Quelles sont les trajectoires envisagées ?

    C’est dans ce cadre que nous avons choisi quatre terrains de recherche, reflétant selon nous la diversité des situations et des contextes périurbains. Deux terrains se situent  dans l’aire urbaine caennaise ou en frange de celle-ci. Il s’agit du terrain de Saint-Pierre-sur-Dives composé d’un espace en voie de périurbanisation, d’un bourg  et d’espaces ruraux. Le second se situe dans l’aire de recrutement du collège Montgomeri de Troarn. Ce terrain se situe dans un espace anciennement périurbanisé depuis les années 1970. Deux autres terrains ont été choisis au sein de l’aire urbaine rouennaise. Le premier se situe dans l’aire de recrutement du collège Simone Veil de Bourg-Achard. C’est un espace qui connaît un développement économique et démographique conséquent. Les offres de service se développent et s’étoffent.  L’aire de recrutement du collège de Clères est plus proche du centre de Rouen. Toutefois, il s’agit de communes peu peuplées. La volonté affichée par certains élus est de conserver le cadre de vie des habitants. C’est un espace périurbain à vocation résidentielle.

      Nous avons élaboré, en outre, une méthodologie alliant une approche quantitative et qualitative afin d’appréhender les phénomènes d’appropriation, de représentation et les pratiques spatiales des jeunes collégiens. Pour cela, nous nous sommes inspirés de différents travaux produits afin de mesurer leur faisabilité sur nos terrains de recherche. L’approche mixte nous semblait la plus à même de répondre à nos questionnements lesquels peuvent se résumer en trois questions : qui sont-ils ? Que font-ils de l’espace ? Comment se projettent-ils dans leur avenir ?

    Nous gageons également que ce projet de recherche ne se contentera pas d’un simple diagnostic. En effet, il conviendra de conférer une dimension opératoire à cette recherche à destination des acteurs des espaces périurbains (Ecole, élus, associations, notamment). En ce sens, nous partageons le point de vue suivant : « les hommes constituent une ressource essentielle, sans laquelle aucune forme d’activités ni de mise en valeur de l’espace n’auraient pu voir le jour. Dans cette perspective, les enfants et les jeunes sont donc des acteurs sociaux participant directement ou indirectement au renouvellement et au développement des sociétés locales. Cette affirmation se heurte néanmoins aux représentations et aux modèles dominants de la jeunesse. Les  classes d’âge, même s’il faut distinguer l’enfance de l’adolescence sont encore trop souvent cantonnées à leur statut de fauteur de troubles ou de population problématique plus qu’à celui d’acteur ou de partenaire, capable de participer au développement de leur territoire » (David, pp166-167, 2010). Autrement dit, les jeunes collégiens vivant dans les espaces périurbains doivent être considérés comme une ressource à part entière. Ce travail de recherche visera à mieux comprendre leurs pratiques et représentations pour changer de regard et ne plus les traiter comme un problème à gérer. Ce pas de côté et ce changement de regard sont nécessaires pour adapter des politiques à destination des jeunes.