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Discontinuités et systèmes spatiaux

La combinaison île-frontière à travers les exemples de Jersey, de Saint-Pierre-et-Miquelon et de Trinidad


Thèse de Christian FLEURY (ESO Caen) soutenue en 2006 à Université de Caen Basse-Normandie
Direction :
  • Pascal BULÉON, Directeur de Recherche CNRS, ESO-Caen



L’espace est hétérogène. Il est donc discontinu. Île et frontière sont des discontinuités fortes, traversées par des systèmes. Ce sont aussi des objets géographiques ambivalents, ouverts et fermés. La frontière implique le frottement plus ou moins rugueux de deux entités politiques. L’ambivalence frontalière est alimentée par des altérités qui se combinent, s’affrontent, s’attirent ou se repoussent selon des intensités différentes et à différents niveaux des échelles spatiale et sociale. Ces altérités sont diverses. Fondamentalement politiques et juridiques, elles sont également culturelles, économiques, fiscales. Deux questions sont posées à propos des trois termes de la comparaison : comment cette combinaison de discontinuités agit-elle sur les relations entre deux espaces terrestres proches, l’insulaire et le continental ? Inversement, comment les systèmes spatiaux mis en œuvre dans l’exercice de la relation agissent-ils sur ces discontinuités ? Par ailleurs, la mer est sous-jacente à la combinaison île-frontière. Son partage entre États est un phénomène géopolitique dynamique et récent. La question de cette appropriation confrontée aux pratiques socio-économiques – la pêche dans les trois cas étudiés, et l’extraction des hydrocarbures, dans deux sur trois – prend ici une dimension particulière. Cette thèse comprend donc une étude des processus d’appropriation de l’espace marin, qui vont des modalités de délimitation d’un espace par essence complexe en raison de sa structure à la fois horizontale et verticale, à son administration et aux mécanismes de transgression négociée, destinés à adapter sa spécificité aux rigidités des constructions territoriales.



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