ACCÈS AU SITE DE L'UMR

Le pavillon et l’isoloir.

Géographie sociale et électorale des espaces périurbains français (1968-2008). À travers les cas de trois aires urbaines moyennes (Caen, Metz et Perpignan)


Thèse de Jean RIVIÈRE (ESO Caen) soutenue en 2009 à Université de Caen Basse-Normandie
Direction :
  • Robert HÉRIN, Université de Caen Basse-Normandie
  • Michel BUSSI, Université de Rouen



 Dans les discours dominants, habiter dans les espaces périurbains semble de plus en plus assimilé à un acte à la fois anti-esthétique, anti-écologique et anti-social. Avec les évolutions électorales des années 1990, s’est progressivement développée une tendance à la stigmatisation des mondes périurbains en raison des pratiques électorales supposées illégitimes de leurs habitants. Il apparaît donc nécessaire d’explorer les rapports entre le processus de périurbanisation, les changements sociaux qu’il entraîne aux lieux d’arrivée et les comportements électoraux que ces mutations participent à produire au sein des aires urbaines françaises depuis la fin des années soixante. Pour cela, sont multipliés les regards en faisant varier l’échelle d’observation et la nature des matériaux empiriques. En partant du cadre national appréhendé via des données sociales et électorales agrégées à plusieurs niveaux, sont d’abord étudiés les cas de trois aires urbaines moyennes (Caen, Metz et Perpignan). Au sein de ces trois espaces, plusieurs communes choisies pour l’exemplarité de leurs évolutions sont ensuite enquêtées grâce à des questionnaires « sortie des urnes » collectés lors de l’élection présidentielle de 2007. Enfin, deux terrains communaux sont investis sur un mode qualitatif (entretien, observation) à l’occasion des campagnes électorales municipales de 2008. Les avantages cumulatifs tirés de ces méthodes et techniques permettent de souligner qu’en contexte(s) périurbain(s) comme ailleurs, les positions et trajectoires socio-résidentielles des habitants pèsent lourd sur la formation de leurs opinions politiques et sur leurs choix électoraux. 
Dans cet esprit, cette thèse interroge les rapports entre la périurbanisation, les changements sociaux qu’elle implique et les comportements électoraux que ces changements participent à produire dans trois aires urbaines françaises moyennes (Caen, Metz, Perpignan) depuis la fin des années soixante. Pour répondre à ces questions, le mouvement de démonstration de la thèse mobilise des matériaux empiriques complémentaires : données électorales et données des RGP INSEE agrégées à l’échelle des 354 aires urbaines françaises et à l’échelle des 600 communes des 3 aires urbaines étudiées, questionnaires « sortie des urnes », entretiens avec les élus, entretiens avec les habitants, observations de terrain plus ponctuellement.



Téléchargement