ACCÈS AU SITE DE L'UMR

Eau et pouvoir

Les échelles des mouvements altermondialistes et révolutionnaires en Bolivie et au Venezuela


Thèse de Mathieu UHEL (ESO Caen) soutenue en 2013 à Université de Caen Basse-Normandie
Direction :
  • Robert HERIN, Université de Caen Basse-Normandie



Résumé : L’appropriation des mécanismes de production et de distribution de l’eau constitue un enjeu de pouvoir pour le contrôle des conditions de la vie, tant individuelle que collective. Suite à l’appropriation publique nationale puis privée transnationale des services de l’eau, des mouvements contestataires et révolutionnaires ont milité pour une organisation démocratique de l’exercice du pouvoir. Quels sont les acteurs et les mécanismes responsables des inégalités d’accès à l’eau ? A quelle(s) échelle(s) doivent être réparties les ressources et les compétences en matière de services de l’eau ? Plus globalement, dans quel projet politique de transformation sociale s’insèrent ces revendications sectorielles ? 
Afin de répondre à ces questions, la recherche a été organisée en deux grands moments, l’un théorique et l’autre empirique. Il s’est avéré tout d’abord nécessaire de construire un cadre d’analyse des échelles de la domination et de l’émancipation, à l’aide d’une articulation des systèmes de pensée marxien et foucaldien. Il s’est agi ensuite d’analyser la dimension scalaire du mouvement altermondialiste et des révolutions socialistes en Bolivie et au Venezuela, processus qui défendent une démocratisation de la prestation des services pour l’universalisation de l’accès à l’eau. « Prendre au mot » ces mouvements contestataires et révolutionnaires a impliqué de s’intéresser à la production discursive et juridique (analyse critique du discours) ainsi qu’aux effets de l’action collective sur la réalité sociale (observations et entretiens) des acteurs engagés dans ces processus sociopolitiques. 

Resumen : La apropiación de los mecanismos de producción y distribución del agua constituye un elemento nodal de las luchas de poder para el control de las condiciones de vida, tanto a nivel individual como colectivo. A raíz de la apropiación pública nacional y luego privada transnacional de los servicios de agua, movimientos contestatarios y revolucionarios militaron para una organización democrática del ejercicio del poder. ¿Cuáles son los protagonistas y los mecanismos responsables de las desigualdades de acceso al agua ? ¿A que escala(s) deben ser distribuidos los recursos y las competencias en cuanto a los servicios de agua ? ¿A un nivel mas general, en qué proyecto político de transformación social se insertan estas reivindicaciones sectoriales ? 
Con el fin de responder a estas preguntas, la investigación se organizó en dos momentos, uno teórico y el otro empírico. Resultó en primer lugar necesario construir un marco de análisis de las escalas de la dominación y la emancipación, fundado en la articulación de los sistemas de pensamiento marxiano y foucaldiano. Se trató en segundo lugar de analizar la dimensión escalar del movimiento antiglobalización y de las revoluciones socialistas en Bolivia y Venezuela, procesos que defienden una democratización de la prestación de los servicios para la universalización del acceso al agua. La investigación de estos movimientos contestatarios y revolucionarios implicó interesarse a la producción discursiva y jurídica (análisis crítico del discurso) así como a los efectos de la acción colectiva sobre la realidad social (observaciones y entrevistas) de los protagonistas comprometidos en estos procesos sociopolíticos. 

Abstract : The appropriation of water production and supply mechanisms constitutes a strategic power issue for the control of the basic living conditions that have an impact both individual and collective. From a former national public sector to a private transnational appropriation, water services are now subject to contentious and revolutionaries movements who militate for a democratic organization of the power exercise. Who are the actors and what are the mechanisms responsible for the inequalities of access to water ? At what scale(s) must be distributed resources and skills regarding the water services ? Overall, in which political project of social transformation those claims fit into ? In order to answer these questions, the research is divided in two parts : one is theoretical, while the other one takes a more empirical look. First of all, an analytic frame using an articulation of the marxian and foucaldian systems of thoughts has been made up to study domination and emancipation scales. Then, the question of analyzing the scalar dimension of the antiglobalization movement and the socialist revolutions in Bolivia and in Venezuela as emerged, considering that they both defend a democratization of the services and further the universalization of the access to water. Taking these contentious and revolutionaries movements “at their word” has implied studying the laws and discourses they produce (using a critical discourse analysis) and the collective action effects on the social reality (by making observations and conducting interviews) of actors involved in these socio-political processes. 

Mots-clefs (indexation Rameau) : 
Droit à l’eau—Bolivie-Cochabamba (Bolivie) 
Droit à l’eau—Venezuela-Maracaibo (Venezuela) 
Eau — Politique publique—Bolivie-Cochabamba (Bolivie) 
Eau — Politique publique—Venezuela-Maracaibo (Venezuela) 
Mouvements antimondialisation 
Mouvements sociaux —Bolivie-Cochabamba (Bolivie) 
Mouvements sociaux —Venezuela-Maracaibo (Venezuela) Émancipation



Téléchargement