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Une discipline entre nation et empires

Histoire de la géographie scolaire en Corée, 1876-2012


Thèse de Saangkyun YI (ESO Caen) soutenue en 2012 à Université de Caen Basse-Normandie



Résumé : Au dernier tiers du XIXème siècle, la Corée entre dans une séquence de mondialisation pendant laquelle « l’école primaire [à travers la géographie] exalte [...] différentes manifestations de « grandeur » nationale » (Grataloup, 2009). La Corée traverse une série de ruptures géopolitiques dont la géographie scolaire enregistre les répercussions. L’analyse historique définit une périodisation en quatre moments qui correspondent pour le pays à une gamme de situations politiques allant de l’indépendance à l’occupation. Cette analyse permet de comprendre pourquoi, aujourd’hui, l’enseignement de la géographie n’est pas, pour une majorité de décideurs en Corée du Sud, une réponse adaptée à la compréhension des enjeux géopolitiques régionaux et mondiaux par les citoyens sud-coréens. Entre, d’une part, la nation coréenne dont la géographie scolaire est une des voies d’expression de l’identité collective, dans sa dimension spatiale, et d’autre part, les empires qui mettent leur marque sur cet espace national, et simultanément, sur la géographie scolaire, cette dernière se trouve en tension, dans ses contenus comme dans leur organisation. La situation actuelle de crise de la géographie est présentée comme une opportunité à saisir : la géographie scolaire a gagné en cohérence conceptuelle sous l’effet d’évolutions scientifiques, la libéralisation de la fabrication des manuels scolaires est susceptible de rehausser le niveau des apprentissages géographiques, dans un contexte où la formation didactique des enseignants est très réduite. Dans cette perspective, est esquissé en conclusion, un programme pour une sortie de crise.