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Les mondes légumiers et maraîchers en Normandie : hétérogénéité sociale et renouvellement de filières agricoles et alimentaires.


Thèse de Pierre GUILLEMIN (ESO Caen) soutenue en 2020 Lundi 14 décembre 2020
Direction :

Composition du jury :
  • Michaël Bermond, Maître de conférences, Université de Caen Normandie – co-encadrant,
  • Isabelle Duvernoy, Chargée de recherche, INRAE, UMR Agir Toulouse – examinatrice,
  • Philippe Madeline, Professeur des universités, Université de Caen Normandie – directeur,
  • Bernard Pecqueur, Professeur émérite, Université Grenoble Alpes – examinateur,
  • Monique Poulot-Moreau, Professeure des universités, Université Paris-Nanterre – rapporteure,
  • Frédéric Richard, Maître de conférences HDR, Université de Limoges – rapporteur


Filières emblématiques des littoraux de l’Ouest français et des zones périurbaines, les productions légumière et maraîchère font l’objet d’importantes transformations : intégration agroalimentaire, internationalisation des marchés, régulation phytosanitaire, besoin accru de main d’œuvre salariée, installation hors cadre familial, développement de l’agriculture biologique et des circuits courts et territorialisation alimentaire.

Face aux mutations récentes qui affectent ce secteur productif historiquement diversifié, ce travail de géographie sociale s’appuie sur une typologie d’exploitations agricoles à l’échelle de la Basse-Normandie, issue de l’analyse statistique multivariée du Recensement Agricole, et mise à jour par une revue de presse régionale. L’enquête de terrain complète l’approche méthodologique afin d’articuler l’étude structurelle à l’analyse fonctionnelle des systèmes d’exploitation agricole. Les résultats constituent un préalable à l’analyse des filières à travers la coordination localisée des exploitations maraîchères et légumières sous forme de zones (productions périurbaines) ou (micro)bassins de production agricole (Créançais et Val de Saire, Baie du Mont-Saint-Michel, Lingreville, Plaine de Caen et Perche ornais). Enrichie d’enquêtes de terrain, l’analyse diachronique et systémique de ces systèmes agroalimentaires localisés révèle des trajectoires productives variées entre adaptation, crise, reconversion émergence. Ces dynamiques relèvent des interrelations entre mondes agricoles locaux et mondes ruraux et urbains qui s’inscrivent à différentes échelles, de la région de production localisée à la Région politique, et selon les cadres politiques et économiques nationaux et supranationaux.

La thèse analyse les bassins légumiers ou zones maraîchères comme élément constitutifs de différents types d’espaces sociaux localisés. Les configurations socio-territoriales identifiées définissent des contextes de socialisation aux rapport de classe différents. À partir d’entretiens, d’observations directes et participantes et d’immersions ethnographiques, la thèse éclaire la stratification des mondes légumiers et maraîchers bas-normands, depuis des fractions établies de la bourgeoise agricole et d’autres en voie d’embourgeoisement, jusqu’à la professionnalisation de pratiques potagères populaires, en passant par les fractions d’une petite bourgeoisie dégradée ou renouvelée. Ces différentes fractions agricoles ne sont pas considérées ou intégrées de la même manière par les politiques publiques locales d’aménagement du territoire et de développement économique. Par ailleurs, le poids plus ou moins important de ces groupes dans l’espace local est le produit de stratégies politiques et économiques de petite échelle. De ce fait, certains bassins constituent les lieux populaires de territoire de firmes agroalimentaires.


Soutenance de Thèse de Pierre Guillemin

"Les mondes légumiers et maraîchers en Normandie : hétérogénéité sociale et renouvellement de filières agricoles et alimentaires »


Visioconférence, du Lundi 14 décembre à 14H
Pierre Guillemin soutiendra sa thèse intitulée « Les mondes légumiers et maraîchers en Normandie : hétérogénéité sociale et renouvellement de filières agricoles et alimentaires », dirigée par Philippe Madeline et co-encadrée par Michaël Bermond (UMR ESO, Université de Caen Normandie) le lundi 14 décembre à partir de 14h00.

Le jury sera composé de :

Michaël Bermond, Maître de conférences, Université de Caen Normandie – co-encadrant

Isabelle Duvernoy, Chargée de recherche, INRAE, UMR Agir Toulouse – examinatrice

Philippe Madeline, Professeur des universités, Université de Caen Normandie – directeur

Bernard Pecqueur, Professeur émérite, Université Grenoble Alpes – examinateur

Monique Poulot-Moreau, Professeure des universités, Université Paris-Nanterre – rapporteure

Frédéric Richard, Maître de conférences HDR, Université de Limoges – rapporteur

En raison du contexte sanitaire, la soutenance se déroulera en visio-conférence. Celles et ceux qui souhaiteraient y assister peuvent envoyer un courriel à cette adresse (pierre.guillemin @ unicaen.fr ou laura.pauchard @ unicaen) afin d'obtenir le lien de retransmission.

Résumé de la thèse : Filières emblématiques des littoraux de l’Ouest français et des zones périurbaines, les productions légumière et maraîchère font l’objet d’importantes transformations : intégration agroalimentaire, internationalisation des marchés, régulation phytosanitaire, besoin accru de main d’œuvre salariée, installation hors cadre familial, développement de l’agriculture biologique et des circuits courts et territorialisation alimentaire.

Face aux mutations récentes qui affectent ce secteur productif historiquement diversifié, ce travail de géographie sociale s’appuie sur une typologie d’exploitations agricoles à l’échelle de la Basse-Normandie, issue de l’analyse statistique multivariée du Recensement Agricole, et mise à jour par une revue de presse régionale. L’enquête de terrain complète l’approche méthodologique afin d’articuler l’étude structurelle à l’analyse fonctionnelle des systèmes d’exploitation agricole. Les résultats constituent un préalable à l’analyse des filières à travers la coordination localisée des exploitations maraîchères et légumières sous forme de zones (productions périurbaines) ou (micro)bassins de production agricole (Créançais et Val de Saire, Baie du Mont-Saint-Michel, Lingreville, Plaine de Caen et Perche ornais). Enrichie d’enquêtes de terrain, l’analyse diachronique et systémique de ces systèmes agroalimentaires localisés révèle des trajectoires productives variées entre adaptation, crise, reconversion émergence. Ces dynamiques relèvent des interrelations entre mondes agricoles locaux et mondes ruraux et urbains qui s’inscrivent à différentes échelles, de la région de production localisée à la Région politique, et selon les cadres politiques et économiques nationaux et supranationaux.

La thèse analyse les bassins légumiers ou zones maraîchères comme élément constitutifs de différents types d’espaces sociaux localisés. Les configurations socio-territoriales identifiées définissent des contextes de socialisation aux rapport de classe différents. À partir d’entretiens, d’observations directes et participantes et d’immersions ethnographiques, la thèse éclaire la stratification des mondes légumiers et maraîchers bas-normands, depuis des fractions établies de la bourgeoise agricole et d’autres en voie d’embourgeoisement, jusqu’à la professionnalisation de pratiques potagères populaires, en passant par les fractions d’une petite bourgeoisie dégradée ou renouvelée. Ces différentes fractions agricoles ne sont pas considérées ou intégrées de la même manière par les politiques publiques locales d’aménagement du territoire et de développement économique. Par ailleurs, le poids plus ou moins important de ces groupes dans l’espace local est le produit de stratégies politiques et économiques de petite échelle. De ce fait, certains bassins constituent les lieux populaires de territoire de firmes agroalimentaires.

 

Mots-clés : Maraîchage ; Productions légumières ; Bassins de production ; Filières agroalimentaires ; Circuits courts de proximité ; Gouvernance alimentaire ; Stratification agricole.