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Syndicalisme et Sciences Sociales

Atelier ESO


salle SH126 de la MRSH., du Le lundi 29 avril de 9h00 à 12h00

Syndicalisme et Sciences Sociales


Depuis les années 2000, l'action syndicale fait l'objet d'un regain d'intérêt dans la recherche en sciences sociales, réactualisant ainsi une riche tradition en histoire, sociologie du travail ou sociologie des relations professionnelles (Giraud, Yon et Béroud, 2018). Se démarquant du paradigme de la « crise » du syndicalisme des années 1990 (Andolfatto et Labbé, 2007), les travaux récents tendent à réaffirmer le poids des déterminations économiques et politiques sur le militantisme syndical, à élargir les thèmes de recherche (des logiques de l'adhésion aux liens entre champs syndical et politique en passant par les pratiques d'encadrement et de représentation ou le répertoire de l'action et l'ancrage local du syndicalisme) et à déployer des approches méthodologiques plurielles et combinées qui intègrent une réflexion sur le positionnement des chercheur.e.s vis-à-vis de leur objet. 
L'objectif de cette séance de l'atelier ESO Caen est d'essayer de faire dialoguer des travaux en sciences sociales sur le syndicalisme, à près de 40 ans d'écart et sur des terrains proches, mais aussi de rendre visible un objet de recherche dont la légitimité est encore aujourd'hui contestée. 

Gérard Boudesseul. Une forme de syndicalisme d'action directe en milieu ouvrier : permanence ou exception des années 1970-80 ?

L'histoire du syndicalisme bas-normand des années 1950 à 1990 livre quelques épisodes hauts en couleur, en particulier à l'Union régionale interprofessionnelle CFDT (CFTC jusqu'en 1964), du portage de valise pendant la guerre d'Algérie à 1968 qui fut, à Caen, ouvrier avant d'être étudiant. Un épisode très court mérite de s'y arrêter tant il semble condenser ce qui a été désigné plus largement comme une forme de « syndicalisme d'action directe » : un groupe ouvrier nommé « Débordement » à l'usine Saviem de Blainville a produit 12 tracts et semé un certain désordre, aussi bien du côté patronal que vis-à-vis des hiérarchies syndicales, entraînant avec lui plusieurs centaines d'ouvriers. On se demande alors s'il ne s'est agi que d'un épiphénomène ou d'une manifestation récurrente d'une forme d'action collective héritée d'une tradition ouvrière française remontant au XIXème siècle.

Mathieu Uhel. Recherche collective et pluridisciplinaire sur le Syndicalisme Universitaire Professionnel (SUP) 

Si le syndicalisme est de plus en plus investi comme objet de recherche, il n’existe pas ou peu de travaux portant sur l’action syndicale dans notre propre champ professionnel. Dans une démarche collective et pluridisciplinaire, associant des chercheur.e.s en histoire, géographie et sociologie, le projet de recherche SUP vise à la fois à essayer de combler cet angle mort de la recherche en sciences sociales et à interroger l’engagement syndical pris dans les mutations professionnelles et institutionnelles contemporaines.
Se déployant à l’échelle régionale des universités normandes en cours de fusion, la recherche est structurée autour de quatre axes : l’histoire, la composition et l’audience syndicales ; le renouvellement militant et la transmission des pratiques et savoirs syndicaux ; l’organisation syndicale face aux processus de bureaucratisation, professionnalisation et technocratisation ; l’activité et la stratégie syndicales confrontées aux réformes de structure de l’enseignement supérieur et de la recherche.